Les boutiques et ateliers

A Bulat-Pestivien, en 1931, les commerçants sont des vendeurs ou regrattiers : épiciers, marchands de tissus, de vêtements, de chaussures, quincailliers. Le plus souvent, ils font à la fois, tous les commerces et, parfois, y ajoutent encore celui des boissons (débits et cafés).

Le commerçant a, en outre, une occupation extérieure : il est cultivateur, artisan, camionneur, maquignon, journalier ; la femme s'occupe spécialement du détail des marchandises et garde la boutique.

Les marchands ambulants

Marchés et foires permettent aux ruraux d’acheter les produits qu’ils ont du mal à se procurer dans les commerces locaux.

Des vendeurs ambulants viennent proposer blouses et sabots, vaisselle, quincaillerie, bonbons…

Des artisans itinérants, rémouleurs, rempailleurs, etc., effectuent diverses réparations.

Le bazar

Un rayon pour la vaisselle, un pour la quincaillerie, un autre encore pour la mercerie.

On trouve de tout dans un bazar : pains de savon, balais de coco, eau de javel…

Chaussons, sabots, marmites, soupières, petit outillage… Une vraie caverne d’Ali Baba.

Et pas de self-service : chacun attend son tour !

L'atelier de charronage

Dans chaque commune, on trouve au moins un charron. Avec la mécanisation de l'agriculture et l’arrivée du pneumatique, les charrons ont dû s’adapter. Ils sont devenus réparateurs de machines agricoles, mécaniciens…

En hiver, le charron coupe et rentre son bois, puis, dès les beaux jours, il doit s’activer pour préparer le matériel utile aux moissons : faire des manches pour les outils, les réparer… Mais la partie la plus importante de son travail consiste à construire charrettes et autres voitures pour les paysans du village.

Le charron utilise différentes essences de bois : le chêne pour toutes les parties qui exigent une solidité à toute épreuve, en particulier pour la fabrication de la roue (jante et rayons). Le moyeu est souvent confectionné en orme. Pour les autres éléments, moins importants, le sapin, le frêne ou le hêtre sont utilisés.

Le travail le plus délicat est la fabrication d’une roue. Les outils utilisés sont compas, vilebrequin, gouge et ciseaux à bois. Le moyeu de la roue est dégrossi à la hachette et fini au ciseau à bois, l'axe est creusé avec une tarière. Les rayons en chêne sont ajustés à l’aide d’une plane. La jante est faite de plusieurs parties découpées dans des planches d'une dizaine de centimètres d'épaisseur. Chacune de ces parties reçoit deux rayons. Quand le charron ne dispose pas de forge, il se rendait ensuite chez le forgeron pour cercler les roues. Ce travail est très délicat et doit être fait avec rapidité pour ne pas brûler le bois.

L’hôtel

La construction du réseau ferré a entraîné un développement du tourisme dont la Bretagne a largement bénéficié.

Si ce sont majoritairement les côtes qui ont attiré les premiers visiteurs, certains lieux en Bretagne intérieure ont eu une certaine cote. Ainsi, Huelgoat, en particulier grâce à la fréquentation des touristes britanniques a été durant la première moitié du XXe siècle un lieu de séjour à la mode. Le Faouët, Gouarec… ont aussi connu une certaine renommée.

Pour accueillir ces visiteurs, quelques hôtels «modernes» ont donc vu le jour.

Le tisserand

La production de textile a longtemps été locale : les toiles furent une des richesses de la Bretagne jusqu’au XVIIIe siècle.

La région a cultivé du lin et du chanvre jusqu’au début du XXe siècle. Deux artisans, présents dans la plupart des communes, sont les pivots de cette production : le tailleur d'habits et le tisserand.

A partir de la matière brute, le tisserand produit du tissu et des toiles. Il ne s'occupe pas de la transformation première de la matière brute. Cette transformation est généralement effectuée par les paysans producteurs, la plupart des familles possédant un rouet. Souvent, le paysan porte les fils qu'il a confectionnés pendant l'hiver au tisserand, et celui-ci lui donne en échange la toile demandée, en gardant une partie des bobines de fil pour paiement.

La mécanisation de la préparation des fibres textiles et du tissage qui se développa dans les manufactures du Nord de la France, entraîna la ruine des tisserands bretons, ces derniers n'ayant ni pu, ni su se moderniser. Les métiers à tisser furent brûlés, d'autant plus qu’ils occupaient souvent la moitié de la pièce d'habitation.

L'évolution des commerces

Au cours du XXe siècle, l’activité économique des campagnes se réduit progressivement à la seule agriculture.

Dès l’immédiate après guerre, les commerçants de village disparaissent subissant la concurrence des petites villes alentour.

Aujourd’hui, il ne reste souvent pas plus d’un ou deux commerces par commune, et le maintien de ces derniers est devenu l’affaire de tous. Les mairies proposent souvent des aides à l’installation, en effet le café – épicerie – dépôt de pain et de journaux est, peut-être plus encore qu’hier, le lieu privilégié de rencontre, d’échange et d’expression de la communauté villageoise.